Promotion et défense des intérêts
Prises de position
Préfinancement des futures prestations pour soins de santé
Avec le vieillissement de la population canadienne, attribuable à l’arrivée à maturité de la génération des baby-boomers, et l’espérance de vie de plus en plus longue, on s’attend dans les années à venir à une hausse des coûts des soins de santé, qui fera porter un fardeau considérable aux responsables du financement de la santé, notamment les gouvernements, les employeurs et les particuliers. Or, ces coûts supplémentaires auront sans doute une incidence sur la viabilité des programmes actuels en matière de soins de santé et pourront mettre en péril leur éventuelle bonification.
En règle générale, employeurs et particuliers n’ont pas à ce jour épargné ou réservé des fonds pour les futures dépenses de santé, et ce, en partie parce qu’on ne dispose pas d’instruments d’épargne convenables et avantageux au plan fiscal.
Dans ce contexte, y aurait-il lieu pour les gouvernements, tout aussi concernés par cette question, d’envisager l’élaboration d’instruments d’épargne santé ouvrant droit à une aide fiscale en vue de préfinancer les prestations pour soins de santé?
Nous croyons que les gouvernements, les employeurs et les particuliers doivent travailler ensemble pour s’assurer qu’un système de santé viable, abordable et efficace soit à la portée de tous les Canadiens, aujourd’hui et dans les années à venir. Pendant que les gouvernements s’emploient à réorganiser le réseau de la santé, l’Institut canadien des actuaires (ICA) est à même de leur fournir un appui stratégique.
Depuis une trentaine d’années, les dépenses de santé du secteur privé ont augmenté plus rapidement que celles du secteur public, et cette tendance devrait se poursuivre. Dans l’avenir, les régimes offerts par l’employeur feront probablement face à des coûts accrus, qui devront être de plus en plus assumés par les employés et les retraités. À ces coûts s’ajouteront les conséquences d’une population vieillissante et d’un plus grand nombre de personnes âgées par rapport aux personnes en âge de travailler.
Compte tenu des pressions croissantes auxquelles sont confrontés les gouvernements et les employeurs, nous croyons qu’il faut inciter les particuliers à assumer une part de responsabilité dans les besoins et les dépenses de santé, et à se préparer financièrement en ce sens.
Pour ces raisons, nous croyons qu'il faudrait examiner des instruments d’épargne ouvrant droit à une aide fiscale, capables d’aider les particuliers à prendre en charge les futurs coûts de la santé que gouvernements et employeurs ne pourront probablement plus assumer.
Selon nous, les actuaires peuvent fournir aux gouvernements le cadre scientifique nécessaire à la détermination des conséquences d’instruments d’épargne santé offerts aux employeurs et aux particuliers en vue de préfinancer les prestations pour soins de santé.
En adoptant une perspective impartiale, les actuaires peuvent aisément concevoir des moyens d’utiliser au mieux les données sur les soins de santé pour évaluer les tendances dans les coûts et le niveau de financement nécessaire à l’établissement d’instruments de financement possibles.